L'expatriation fiscale aux Émirats n'est ni un raccourci ni un schéma agressif — c'est une décision de vie qui doit s'accompagner d'un transfert réel du centre des intérêts. Voici la checklist que nous présentons aux familles françaises HNWI envisageant le mouvement vers Dubai, en collaboration avec leurs avocats fiscalistes.
Le droit français retient quatre critères alternatifs pour qualifier un résident fiscal : (1) foyer permanent ou lieu de séjour principal en France, (2) activité professionnelle principale, (3) centre des intérêts économiques, (4) séjour de plus de 183 jours. Il suffit d'un seul critère pour conserver le statut.
Pour rompre la résidence fiscale, ces quatre critères doivent être déplacés simultanément vers les EAU — pas en façade, mais dans les faits.
L'article 167 bis du CGI impose, au moment du transfert du domicile fiscal hors de France, les plus-values latentes sur les participations substantielles (>EUR 800K ou >50% du capital d'une société). Taux : 30% (PFU) ou barème progressif + prélèvements sociaux.
Le sursis de paiement est de droit pour les départs vers un État de l'EEE avec convention. Pour les EAU (hors EEE), le sursis est conditionnel et requiert des garanties. Délai de prescription : 15 ans, avec dégrèvement automatique si conservation des titres pendant 2 ans (revue 2019).
Passer moins de 183 jours en France est nécessaire mais pas suffisant. L'administration regarde aussi : où sont scolarisés les enfants, où réside le conjoint, où se trouvent les comptes bancaires actifs, où s'exercent les fonctions de mandataire social. Une famille qui garde une résidence secondaire louée 6 mois et un compte bancaire actif en France court un risque de requalification.
Côté émirati, le titre de séjour seul ne suffit pas. Pour bénéficier d'une attestation de résidence fiscale UAE (Tax Residency Certificate délivré par le ministère des Finances), il faut : (1) résidence effective ≥183 jours, ou (2) résidence + revenus locaux, ou (3) constitution d'une société émiratie avec substance opérationnelle.
Année T-1 : obtention du Golden Visa, achat immobilier Dubai, ouverture comptes bancaires UAE, anticipation exit tax avec fiscaliste. Année T : déménagement effectif au plus tard fin juin pour basculer >50% de l'année en UAE, scolarisation des enfants à Dubai, déclaration française du transfert. Année T+1 : première déclaration française partielle, première TRC émiratie, archivage des justificatifs de présence (factures, comptes, photos).
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